Là haut, tout là haut...  

Maurice Herzog, alpiniste de renom, n'en rajoutait pas : les Annapurna, on ne les attaque pas comme ça... 

"Népal" : Voilà un pays qui sent bon la montagne...et comment : Everest, Himalaya, Annapurna, Sherpas, bref, notre Mont Blanc national peut aller se rhabiller devant ses copains sommets Népalais...

C'est avec un entraînement physique limité, une technique approximative, un équipement sommaire mais avec une motivation exemplaire que nous nous présentons un mardi matin au bas des Annapurna... Vue d'en bas, c'est clair, les Annapurna nous regardent vraiment de haut... Qu'à cela ne tienne, une expédition "M ton Monde" est formée, bien décidée à gravir des sommets...

Séquences frisssssssssssssssons...

 

 

Au départ, tout commence bien, bonne humeur, temps plutôt clément, ça monte pas trop fort.

Au bout de la deuxième journée, vers 2500 mètres, on se dit même :"Dis donc, plutôt fastoche les Annapurna !"

 

 

 

Ca va tellement bien qu'on a encore plein d'énergie pour faire les marioles en chemin devant l'objectif.

 

 

Et puis vers 3500, ça se complique. L'oxygène court pas les sentiers, ça monte, ça monte, ça monte, besoin de reprendre son souffle quand on se met à respirer comme les yacks...

Comme vous le voyez, on s'accorde quelques pauses salvatrices...

 

 

Et pourtant, on est pas encore à plaindre, certains compagnons de l'expé montent :

- soit avec 50kgs sur le dos

 

 

 

- soit avec Mémé sur le dos

 

 

 

Problème : "Que choisir entre les 50kgs ou Mémé sur le dos ?

Raisonnement : D'après nos calculs alpins, Mémé doit faire dans les 40kgs donc plus avantageuse à porter que les 50kgs ci-dessus. Mais bon, Mémé, elle te parle, te pose des questions et tout, donc, pas si sur que ce soit le bon choix...

 

 

Après 5 jours d'expé et 4800 mètres de dénivelé, aie, aie, aie : les étirements sont douloureux, les grimaces apparaissent, le temps n'est absolument plus clément du tout.

Bref, les conditions nous sont défavorables et on se dit alors 

- "Ok, un truc de costaud les Annapurna..."

 

 

Fort heureusement, à 6000 m., nous trouvons refuge dans une bergerie tenue par une adorable famille de Sherpas. Nous en profitons pour soigner nos quelques blessures et profiter de massages divins...

Allez hop, à l'aube, un peu d'Ovomaltine et de Gatorade et nous reprenons notre vertigineuse ascension...

 

 

 

...nous passons la barre mythique des 6000 mètres après notre 7ème jour d'ascension. L'oxygène se planque un peu partout, nous commençons à en manquer.

Guillaume nous gratifie d'un sourire entièrement forcé parce que là, on en c---.

 

 

 

Nous franchissons le dernier village Sherpa à 6350m, le sommet des Annapurna nous tend presque les bras...

 

 

...on a dit presque ! 

Ticou, victime de sa 8ème attaque de sangsue, commence à trouver les Annapurna vachement moins sympas... 

 

 

 

6700 mètres, un ciel dégagé, une vue imprenable, un sommet mythique, l'euphorie de l'arrivée, la beauté du geste...

Voici la vue que nous étions censés avoir du sommet...

 

 

Photo prise avec trucage

 

 

 

Voici, ce que nous avons réellement vu au sommet...

 

 

Photo prise sans aucun trucage, mais vraiment aucun...

 

 

Des conditions climatiques épouvantables au sommet des Annapurna, 8 jours d'ascension, des joies, des doutes, des chutes, de la fatigue, des frissons...

...après tant de péripéties, nous trinquons au Bordeaux au sommet des Annapurna. Pas volé, celui-la...