Mar Musa

Mar Musa... Ces deux petits mots résonneront sûrement assez longtemps dans nos souvenirs. Voici le récit d'une étape peut-être mystique mais à coup sur magique. Le monastère de Mar Musa nous accueillait pour deux jours...

Il conviendrait d'ajouter le nom de ce fabuleux endroit comme exemple dans la définition du "nid d'aigle" de Monsieur Larousse. Perché à 1400 mètres d'altitude, dans un désert montagneux de rocs et de poussières, huit moines ont élu domicile dans un monastère sur qui les 15 derniers siècles ne semblent pas avoir changé grand chose. Accessible par un étroit sentier ne laissant qu'une ouaille monter à la fois, ce repère est littéralement hors du temps.

Frère Frédéric est français. Le thé était prêt à notre arrivée au pied de la forteresse ; ce sage jeune homme avait du nous observer grimper d'un oeil distrait lors de sa prière. La petite trentaine, un sourire éblouissant propre à tous les passionnés, une voix haute mais douce, frère Frédéric nous a accueilli ... comme lors de retrouvailles familiales. Après avoir repris notre souffle, il nous explique le pourquoi du comment du lieu ... fabuleuse histoire.

Huit moines sont ici. Huit moines d'églises différentes : un catholique, un orthodoxe, un protestant, etc. pourquoi sont-ils là? Nous n'en revenons toujours pas. Ils ont été envoyés ici -au cœur des terres islamiques- pour être justement un portail entre deux mondes, un lieu de dialogue entre deux religions, un espace d'échanges entre Allah et Dieu.

Le but est simple : il est temps aujourd'hui de vivre en harmonie chacun respectant l'autre. C'est le souhait de ces religions et c'est donc avec plaisir que les imams de la région viennent dialoguer ici pour mieux se comprendre. A notre époque, ce discours nous a évidemment touché peut-être plus particulièrement parce que nous traversons des cultures musulmanes pendant deux mois. Entre nous, ce serait assez joli d'assister à un mariage mixte... On va voir ce que l'on peut faire.

Alors voilà, c'était dit. Frère Frédo, toujours avec le sourire, nous a dit que c'était l'heure de passer à table. Nous l'avons suivi très simplement et sommes repartis finalement le lendemain après avoir un peu médité, battu le lait des chèvres pour faire le fromage, et étendu la lessive de la communauté... Une halte plus qu'incroyable que l'on recommande à tout le monde. Souvenez-vous ; c'est Mar Musa ... là où on essaie de communiquer !

 

Alors le voilà le fameux Mar Musa... du haut de ses 1400 mètres d'altitude, l'accès y est encore plus difficile que celui qui mène à la non moins fameuse piste de Xapatan.

 

 

 

 

Cette tente de bédouin est un lieu de rassemblement, on n'y joue pas aux Indiens mais on l'utilise pour se retrouver et pour méditer en plein air...

 

 

 

A Mar Musa, le travail communautaire est de rigueur, lessive, cuisine, vaisselle, bien évidemment, nous n'y couperons pas. Frère Ticou et Frère Jean-Jacques servent le déjeuner préparé par Frère Guillaume et Frère Frédo.

 

 

 

A Mar Musa, le folklore n'est pas en reste. Veillée musicale animée par les Frères Roberto et Giovanni devant un public de connaisseurs.

 

 

 

 

Mais à Mar Musa, le recueillement et la méditation auront retenu toute notre attention. Matin-midi-gouter-soir, nous nous retrouvons dans la chapelle ou nous y admirons de superbes fresques du 11ème siècle....et oui 11ème...

 

Alors voila, le moment est si fort que la méditation se poursuit même en dehors de la chapelle...

 

PS : Aux dernières nouvelles, il semblerait que Frère Guillaume soit toujours en position méditation mais son état est jugé hors de danger par les instances locales.

 

 

Après de nombreux psaumes, lectures, épitres aux Corinthiens, aux Ephésiens..., la méditation a plongé Frère Ticou dans un lourd sommeil bien mérité...