Yi et Chuan (Chine / Shanghai) - 17 Juillet 2004

Autant vous dire que cela n'a pas été une mince affaire d'assister à un mariage en Chine.

D'abord arrivés au Tibet, nous nous sommes rapidement heurtés à une première difficulté : l'autorité du parti. Elle mérite sa légende. Le gouvernement chinois semblait voir d'un mauvais oeil que deux petits étrangers souhaitent fureter dans les traditions tibétaines. Ils nous ont donc mis des baguettes dans les roues.

C'est fort dommage car nous aurions adoré vous montrer des clichés d'un mariage polyandrique : une femme épouse plusieurs hommes. Le Tibet est une région où ce mode familiale est encore d'usage. Rapidement, sachez qu'une tibétaine peut se marier avec plusieurs hommes à la condition qu'ils soient frères. Cependant, un seul homme ne reste à la maison tandis que les autres partent travailler toute l'année durant, souvent dans des régions éloignées, pour nourrir la famille. Chacun occupe alors à tour de rôle la place du mari avec le journal au coin du feu : si tu as 2 frères... en 2004, t'es peinard mais les 2 années suivantes, tu trimes.

Voilà en quelques mots les traditions tibétaines. Malheureusement bredouilles de reportage à ce sujet, nous arrivons à Xi'An pour y rencontrer une deuxième difficulté de taille : la non-communication. C'est fascinant à quel point nous n'avons aucun mot en commun avec ce peuple. Fascinant ne serait peut-être pas le mot approprié pour décrire nos séances de mimes avec nos interlocuteurs. Une chance que nous n'avions déjà plus de cheveux car on se les aurait arrachés.

C'est finalement JuJu, une étudiante chinoise parlant anglais, qui nous sauvera. Grâce à elle, nous réussirons enfin à assister à un mariage. Au passage, on souhaitait dire à JuJu qu'on était un peu tombés amoureux d'elle. Fermer la parenthèse.

Parlons maintenant de Yi et Chan... Le mariage est le 17 ; chiffre propice à la chance... vous n'êtes pas sans savoir que la numérologie est primordiale en Chine.

Yi est shanghaienne ; Chan est hong-kongien. En gros, elle est originaire de Shanghai et lui d'Hong-Kong. Ils s'aiment et personne n'a arrangé leur mariage.

 

Grand retour de la robe blanche sur notre plateau ! Mais détrompez-vous, une mariée chinoise change trois fois de robes durant la cérémonie.

 

 

 

Situons un peu la fête. Nous sommes à Shanghai, dans un restaurant au 27ème étage d'un gratte-ciel.

Des posters des mariés sont affichés un peu partout dans la salle...

Il y a du gâteau avec beaucoup de crème... et des cœurs à tire-larigot... Ca se présente pas mal.

 

On vous parlait des affiches à l'effigie des mariés... On vous doit une explication.

Les chinois raffolent de photos. Ils sont ainsi prêts à débourser des mille et des cent pour obtenir des clichés de pros aussi beaux que les magazines (mais quand même moins bien que celles sur le site internet de notre partenaire Pronuptia).

Avant la fête, les mariés vont donc dans des studios spécialisés pour des poses de romantisme règlementaire. On en tire des grandes affiches que l'on dispose ensuite derrière les invités (qui semblent d'ailleurs parfois s'ennuyer un peu).

Revenons sur le décor.

Le rouge est la couleur du mariage en Chine. Symbole de l'amour et de la fertilité.

Détail nous concernant : pratique quand on est gauche et qu'on renverse une partie de son verre de vin.

Comme on adore les souvenirs, on fait appel au service d'un professionnel de l'audiovisuel : monsieur le caméraman montera par la suite le film en DVD (On est en Chine, technologie oblige).
La pose classique à laquelle vous commencez à être assez habitué sans tout de même vous lasser...

 

"Pfffffff... Les deux imitations de chemises Ralph Lauren achetées une heure auparavant. Je vois encore les épingles de l'emballage..."

Place aux invités.

 

Chacun arrive... pose pour la photo souvenir et signe ensuite une longue banderole. Ca porte bonheur.

Accessoirement, on peut laisser une petite enveloppe rouge dans la corbeille dorée.

Le raffinement chinois est ici à son paroxysme. Vous devinez qu'il s'agit de menus billets...